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ET C'EST PAS FINI

ET C'EST PAS FINI et GUINON en Centrafrique « Les jeunes ne s'intéressent pas à la politique... Ils arrêteront de s'abstenir quand ils vieilliront... »

Le renseignement dans le système français

Le renseignement dans le système français

Le renseignement dans le système français

L'attitude des autorités politiques et des élites françaises à l’égard du monde du renseignement a toujours été emprunte d’une méfiance et d’une incompréhension profonde, qui s’est traduite par du désintérêt et du dédain pour ce métier considéré comme peu noble. À la différence de la Grande-Bretagne, où les élites ont parfaitement compris tout le bénéfice qu’elles pouvaient tirer de leurs services, l’éclosion d’une vraie culture du renseignement ne s’est jamais produite en France.
Pour en savoir plus Histoire de la DST La Surveillance du territoire (ST) a été créée en 1899, lorsque le gouvernement français décida de retirer la mission de contre-espionnage aux militaires pour la confier au ministère de l'Intérieur, suite à l’affaire Dreyfus. Dissoute en 1907, la ST renaît avec la menace allemande (décrets de 1928 et 1934), mais est de nouveau dissoute, en 1940, par les autorités d’occupation. Elle se voit rétablie par le décret du 16 novembre 1944 du général de Gaulle. Ses attributions sont précisées par le décret du 22 décembre 1982.

La culture française du renseignement L'esprit national français demeure très marqué par l’héritage cartésien et une tendance à l’abstraction, qui le conduit parfois jusqu’au refus d’admettre les faits qui ne confirment pas son raisonnement. Les dirigeants n’intègrent pas le renseignement dans leur processus de décision. Pour des hommes ayant un tel mode de raisonnement, le renseignement est un paramètre accessoire, si ce n’est dérangeant. Par ailleurs, les ratés du renseignement français, qui ne sont pas plus nombreux que ceux des services étrangers, sont immédiatement stigmatisés et renforcent la perception négative des autorités et des parlementaires. Depuis l’affaire Dreyfus, nos services sont victimes de la défiance des hommes politiques. Ils sont toujours considérés comme des sources de problèmes qu’il convient de maîtriser en nommant à leur tête des hommes choisis pour leur fidélité et non pour leur compétence. Logiquement, les moyens budgétaires attribués aux services sont bien moins importants que ceux des autres grands pays occidentaux.

Évolutions récentes La guerre du Golfe (1991) et ses enseignements ont permis une prise de conscience plus affirmée du rôle du renseignement, seul capable de conférer une autonomie de décision au gouvernement français lors des crises internationales. En conséquence, des progrès ont été réalisés dans plusieurs domaines. La réorganisation du renseignement militaire Elle a permis de dialoguer d’égal à égal avec les Américains et les Britanniques, au moment où la multiplication des crises nécessitait un suivi, précis et permanent, des nouveaux soubresauts internationaux. Les moyens techniques de recueil du renseignement Ils ont été renforcés, à la DGSE comme dans les armées, notamment dans les domaines des satellites d’écoutes, d’observation et de télécommunications. Grâce à ses efforts, la France est l’un des seuls pays européens, avec le Royaume-Uni, à disposer de capteurs de différents types, de réseaux d’écoutes mondiaux et de moyens humains de recherche spécialisés. Elle a ainsi fourni la plus importante contribution européenne lors de l’opération Allied Force au Kosovo. Elle a surtout assuré 20 % des missions de reconnaissance, faisant ainsi la démonstration qu’elle était le seul pays européen à disposer d’une panoplie – certes limitée mais presque complète – des moyens de renseignement aériens et spatiaux.

Financements et effectifs Les organismes relevant du ministère de la Défense (DGSE, Direction du renseignement militaire/DRM et Direction de la protection et de la sécurité de la Défense/DPSD) ont bénéficié d’augmentations budgétaires notables à partir de 2001. Mais cet effort financier reste très en dessous de celui de la majorité des autres pays occidentaux, tous confrontés à la lutte contre le terrorisme islamiste. Par ailleurs, il a pris fin en 2004. Tous ministères confondus, en France, les financements attribués au renseignement n’ont progressé que de 9 % entre 2001 et 2005 alors que les chiffres atteignent 40 % outre-Manche et outre-Atlantique. En matière d’effectifs, la France est également loin du compte. L'ensemble de la communauté du renseignement compte approximativement 12 000 membres, contre près de 20 000 pour les Britanniques. La DGSE n’a créé qu’une cinquantaine de postes supplémentaires depuis 2002.

Le nombre de personnes affectées à la lutte antiterroriste est un autre indice. Ni les succès obtenus ni la montée des périls ne valent aux policiers de bénéficier de moyens décents. Un décompte approximatif porte à moins de 200 le nombre d’enquêteurs chargés des dossiers terroristes, tous services judiciaires confondus.
Livre Blanc Le Livre Blanc est un document officiel publié par le gouvernement. Sa dernière parution remonte à 1994. La prochaine aura lieu en 2008. Il a pour objet de faire des propositions de long terme sur la Défense et la Sécurité.
En résumé •
Tout au long de sa riche histoire, la France n’a pas manqué de succès ni d’opérateurs qualifiés dans le domaine du renseignement. Elle a su ce qu’étaient l’action politique et les agents d’influence, pratiques dont nous avons quelque peu perdu l’usage au profit du renseignement stricto sensu et de l’action paramilitaire. • D’une manière générale, et malgré la faiblesse relative de leurs effectifs et de leurs budgets, les services de renseignement français sont de bonne qualité et plutôt adaptés aux défis modernes. Au plan international, la présence historique de la France sur le continent africain a contribué à faire de la DGSE l’un des services occidentaux les plus performants sur ce continent. • En raison des efforts consentis depuis le début de la décennie 1990, la France est aujourd’hui la seule des nations de l’Union européenne qui dispose d’une panoplie presque complète des moyens de renseignement techniques et donc d’une véritable autonomie en matière de renseignement. Cela lui permet, lorsque cela s’avère nécessaire, d’apporter à ses partenaires d’autres éclairages que ceux fournis, très sélectivement, par Washington.

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